La Sainte-Jeanne, ou l’histoire d’un ‘’Tosse-Mer’’

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D’après les témoignages de Lolo Duclos recueillis par l’équipage

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Alexandre-Joseph Duclos naviguait au long cours, au début de ce siècle, cap hornier, il fréquentait les eaux du Pacifique, lorsque son bateau se perdit sur les récifs de l’Ile des Pins (pointe Sud de la Nouvelle Calédonie).
Il sauva son sac et ne revint au pays que quatre ans plus tard. Il rapportait avec lui une maquette, celle de la future Sainte-Jeanne. De la maquette furent tirés les plans du Sloop, par le chantier de Mr Lemarchand (la Landriais, sur la Rance) qui se chargea aussi de sa construction, et la voilure fût taillée par Victor Richard à St-Malo. Construite pour Messieurs Besnier et Duclos, la mise à l’eau et le baptême se déroulèrent le 3 Novembre 1912. Alexandre Joseph Duclos devint l’unique armateur en 1913.
L’équipage comptait le patron et un matelot ; plus tard, en 1936-37, pendant les vacances scolaires, Lolo et son frère Alexandre embarquaient comme mousses et prenaient la place du matelot.

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Les types de chargement :
Le fret était varié : dans le désordre citons : les céréales, le sel, sable et graviers, charbon, bétail, oignons, pomme à cidre, phosphate, pétrole, coaltar, mais surtout beaucoup de pavés et dalles de grès roses. Il faut ajouter à la liste , les fagots, les poteaux, la ferraille, du coke, de la chaux, du minerai de fer …..

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Le temps de chargement :
Décharger 40 tonnes de boulets de charbon, balayer, nettoyer, puis charger 4O tonnes de blé est une manœuvre courante dans une marée. Il arrive que la Ste-Jeanne fasse 4 chargements de pavés dans la semaine, à Erquy. La Ste-Jeanne échouée à mi marée de baissant, peut-être chargée à la pelle de 4O tonnes de sable avec 5 hommes, en attendant que la mer revienne au bateau, c’est-à-dire en 6 heures.

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Le temps de traversée:
V’là la Ste-Jeanne chargée de blé qui appareille d’Erquy, à mi-marée de flôt ; si tout va bien, en 4 heures elle sera à St-Malo . A la place, la Ste-Jeanne va embarquer du charbon pour la maison Renault à Erquy .
Le bateau était bon marcheur avec sa voilure de 200 m2, mais à condition aussi, de bien l’entretenir ; Et puis, la motorisation devenait nécessaire pour évoluer dans les ports de plus en plus encombrés. La Ste-Jeanne, en 1935, reçut un moteur Atlantic de 28 cv, avec hélice à 2 pales ; puis en 1936, un moteur Scandia de 45 cv, hélice à 3 pales.

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Malheureusement, c’est une panne de moteur qui fut indirectement la cause du naufrage de la Ste-Jeanne en 1937 ; dans les atterrages de Paimpol. Pris dans une furie de nordé, Alexandre et son matelot n’eurent point le temps d’établir la voilure. Le bateau fut perdu sans perte de vie…………

 

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